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Concerts Zak Laughed
Rock / Pop / Electro
Note moyenne des concerts de Zak Laughed : (2.2/5)
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En 2008, alors que sa discographie se résume à un CD-R accompagné d'une pochette en liège, Zak Laughed (traduction phonétique de son prénom Zachary) remporte un concours de reprises organisé pour les 30 ans du label anglais Rough Trade en revisitant le « The End Has No End » des Strokes. Il a ramené cette décharge d'adrénaline à sa plus simple expression guitare-voix, l'a ralenti et lui a insufflé un supplément d'innocence. Il faut dire que les New-Yorkais portent chance à cet originaire de Clermont-Ferrand : 6 mois plus tôt, il rendait hommage à « Sunday Morning » sur un 45 tours offert aux acheteurs de la compilation « L'Auvergne revisite le Velvet ». Mais son talent est loin de se limiter à s'approprier les chansons des autres. D'ailleurs, en 2009, il a décidé de le montrer en publiant son premier album, qu'il a intégralement composé. Il faut dire que depuis l'an dernier, Zac a beaucoup changé puisqu'il vient de souffler... sa quinzième bougie.
Il n'est pas besoin de remonter à Elvis pour trouver des cas probants de précocité musicale : il suffit par exemple de se souvenir de l'Australien Ben Lee qui, à 14 ans, enregistrait avec ses Noise Addict des hommages à ses artistes préférés : Jonathan Richman, Evan Dendo ou The Pixies. Ou du jeune Adam Green, débauché à l'âge de 12 ans par sa baby-sitter Kimya Dawson pour former The Moldy Peaches. Autant d'exemples qui démontrent que le talent n'est pas une affaire d'expérience, mais plutôt d'intuition. Celui de Zak se révèle quand un oncle bien inspiré lui offre un ukulélé sur lequel il compose ses premières chansons. Puis il passe du ukulélé à la guitare, de la guitare au banjo, du banjo à l'harmonica, et de l'harmonica au piano. Mathias et Stéphan du groupe Dionysos, qu'il aborde après un concert, l'encouragent à persévérer. En s'améliorant, ses chansons voyagent : elles passent entre les mains de Didier Veillault, (directeur de la Coopérative de mai, principale salle rock du Centre) qui lui offre sa première scène, puis entre celles de Denis Clavaizolle (collaborateur de JL Murat), qui l'accueille dans son studio. Un petit réseau commence à se créer autour de Zak : il se rapproche du groupe Cocoon et du label Kutu Folk (Delano Orchestra, St Augustine...). Sa réputation s'étend même jusqu'à... Annecy, où Coming Soon défend la même esthétique musicale.
« The Last Memories of My Old House », le titre de l'album de Zak, illustre bien sa principale source d'inspiration : sa vie d'adolescent. A commencer par découvrir les secrets de la maison qui l'a vu grandir et qu'il a dû quitter quand ses parents ont déménagé de la campagne vers la ville. Toutes ses chansons ne fonctionnent pas sur ce mode nostalgique : le regard qu'il porte sur l'existence est souvent empreint d'ironie, voir d'absurdité. Ce fan de Glen Baxter n'est pas aussi innocent que sa voix non muée pourrait le laisser croire. Il a aussi bien lu la presse musicale que les classiques de la littérature américaine, écouté les vinyles de son père qu'envoyé des demandes d'amitié sur myspace. Son anglais, il n'a pas eu besoin de traverser la Manche pour le perfectionner : il s'est simplement lié d'amitié avec les membres anglophones des Elderberries, groupe de la scène clermontoise dont il a débauché le batteur. Autant de facteurs qui ont contribué à son épanouissement rapide : en novembre dernier, il faisait le lever de rideau du Festival des Inrockuptibles à la Cigale.
Il serait injuste de ne voir en Zak qu'un fan accompli. Par son écriture malicieuse, comme par le choix de son instrumentation composée majoritairement d'instruments acoustiques, il se rattache à la tradition du folk, auquel il apporte un sang neuf : celui d'un apprenti zélé qui surprend par la rapidité avec laquelle il assimile des recettes qu'il adapte à son époque, et par la décontraction royale qu'il affiche. Cette année, il effectuera sa rentrée en deux temps. Début septembre, il rentrera en première. Mais quelques jours plus tôt, son premier disque sera sorti dans le commerce. L'histoire dira laquelle de ces deux étapes le marquera le plus, mais pour le moment, laissons-là s'écrire en lettres rondes. Quand Zak a ri, on a tous à nouveau 15 ans.
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